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Lettre 1694·XXIII, folios : 91
Urre, Rostaing d’, seigneur d’Ourches
M. de Gordes
Date non renseignée
Montélimar
Valence
,

Transcription

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toutes les
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fources des ennemys tiennent fermées toutz les chemins dicy à Valence, tant par la montaigne que par la pleyne. Jay monté
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à cheval ceste nuict avec douze gentilhommes pour aller essayer de prandre quelque prisonnyer pour entendre de
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leurs desliberations mays comme je suis arrivé à Clyon d’Andrans, jay trouvé Seguerany avec sa troupe party.
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Jay donné sus leurs guet où jay desfaict quelques arquebusiers dont entre les aultres y ha esté tué ung
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souldat nommé Pierre Daurange, le plus mauvays guouge et le plus redoubté qui sourtit longtemps ha de la dite
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principaulté. Jen [barré : ay] tiens ung prisonnyer qui estoit à cheval, qui est bien estimé parmy eus, aussy heust
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bonne fasson, nommé Guillaume Bachillyer de Boullenne, lequel mat asseuré que le sieur de Mombrum est
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party à ce matin de Rouynac avec tout ce quil ha peu ramasser des lieus quil tient, ayant aussi faict marcher
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ceus qui estoyent lougées à Mamas, Barret, et Soyans pour saller toutz getter dans Lourioul pour le fortifier
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dont pour cest efect ilz font marcher toutz les paysans des susditz villaiges, lesquelz ilz appellent pionyers. Le
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sieur de Glandaige attendent le dit sieur de Mombrum ha [=à] Miremande où ilz sont encoures et la plus part de
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leurs infanterye est à Clyon Usclat quest tout joignant ledit Miremande. Ledit prisonnyer dit quil na
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pas veu les fources de ceus des montaignes, mays que celles dudit sieur de Mombrum peuvent estre de cent
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chevaus assés bons et mil arquebusiers, et quilz ne cherchent que loccasion pour combatre en grous comme ilz le font
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bien paroistre de ce louger à Lourioul pour nous y convier. La verité est bien telle que telz artifices quilz
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s’aydent font qune infinité de gens les vont trouver, et si font aulcunement esbranler le peuple qui nous estoit
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[rature] affectioné veu quilz fortifient de nouveau infinis lieus fermées et quilz prannent piet par ce moyen au bon
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paiis raflant tout le bestail de ceus de notre party, usant par mesme moyen de ransonnementz insupportables.
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Je vous envoye des lettres [de] monseigneur le marechal de Damville, de monsieur le president Truchon, et de monsieur
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le conte de Villechayre lequel vous offre au vray besoin de ces fources. Je masseure quil vous en secoureroyt
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tant de cheval que de piet, entendu quelles sont tout innutilles au Contat. Il y a plusieurs villes que
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ne soyent que bien aysés, que vous aydissiés des compagnies qui sont dedans, veu quau Contat il ny a aulcuns
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suspectz. Si vous aviés telle correspondance avec monseigneur le cardinal d’Armaignac et ledit conte, quilz
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vous vollussent ayder de leurs fources, vous pourriés metre leurs compagnies dans les villes et vous servyr des
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notres en campaigne, si le moyen estoit dattaquer quelque lieu qui seroit par vous advisé. Autrement me semble ne
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pourrions guières exploicter de nous metre ensemble. Vous mescuserés, monsieur, sil vous plaict, si jen parle
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trop impertinemment. Cest que je suis ainsin piqué des billivesées quilz abreuvent le monde, que nous navyons
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que paroistre. Aussi me desplaict infiniement quilz ont avec eus de bonnes fources de toutz leurs adherans tant
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du Contat, Provence et Languedoc, sans que nous prevallyons de ceus de notre party de ces troys provinces, puisque
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quant ilz en seront recherchés quilz auront peur de veoyr brusler la maison de leurs voyins. Il en y a qui nous
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asseure que si vous requerriés monsieur de Mandellot de vous envoyer troys centz arquebusiers, quilz vous
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secouriroit encoures plustot dudit nombre pour le moins. Ilz serviroyent pour la guarde des villes. Je me mets
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possible par trop avant sus le discours de la guerre. Cest pource que le dit prisonnyer mat asseuré estre
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la trefve, encoures moins la paix, inesperée. Il est arrivé aujourdhuy le mareschal de lougis de la
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compagnie de monsieur de La Tour avec vint sallades, lequel avec ces compaignons avoit congé de ce retirer
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à leurs maison Ce trouvant enfermées, ilz desireroyent bien que vous leurs fissiés donner quelque commodité
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pour faire service au roy soubz votre charge, et mont prié de vous en toucher ce mot. Je leur ay bien respondu
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quil ny a grant commodité en ceste ville pour chevaus, entendu le seiourt que vous y avés faict et lexterillité de
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lannée, bien que ceste dite ville ne se sauroyt passer de gens de cheval. Jay une douzayne de gentilhommes icy
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à qui je feys donner foin et avoyne pour leurs chevaus. Quant à la vye, je suis bien aysé que nous despandons
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noz danrées plustost que si les huguenotz en tattoyent en faisant service au roy, vous asseurant que nous sommes
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ordinayrement en campaigne et si je masseure que vous ouyrés dire que nous asseurons aulcunement
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ceste playne et si guardons que le[s] picoureurs ne sazardent que de bonne sourte. Je salue voz bonnes graces par
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mes très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner,
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monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vye. Au Montelimar, ce XVIIIIe, à sis heures du soyr
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Vostre très humble, très hobeyssant filz et serviteur
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Hourche